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Sommet de l’Espace : l’Afrique veut désormais compter dans la course spatiale

Photo du rédacteur: Rodrigue Nguesso
Rodrigue Nguesso
il y a 11 minutes
3 min de lecture

Réunis à Paris à l’occasion du Sommet international de l’Espace, plusieurs dirigeants africains, dont Denis Sassou N'Guesso, ont affiché leur volonté de voir le continent sortir du rôle de simple consommateur de technologies. Pour Rodrigue Nguesso, cette dynamique traduit l’ambition de voir l’Afrique se hisser au premier plan des projets spatiaux et participer pleinement à l’économie spatiale mondiale.


Rodrigue Nguesso félicite les dirigeants africains qui défendent au somment de l'espace une approche fondée sur la coopération et la souveraineté technologique.

Le spatial n’est plus une perspective lointaine pour l’Afrique. Il est déjà au cœur de nombreuses activités du quotidien. Les satellites permettent de se positionner, d’observer la Terre et de communiquer. Ils sont également devenus indispensables dans des domaines aussi variés que les télécommunications, l’agriculture, l’environnement, la télémédecine, le transport maritime ou encore la défense.


C’est dans ce contexte que les délégations africaines ont pris part en nombre au Sommet international de l’Espace, qui s’est achevé ce jeudi 10 septembre à Paris. Un rendez-vous au cours duquel le continent a voulu faire entendre sa voix alors que les grandes puissances débattent de l’avenir des activités spatiales, de leur développement et de leur régulation. Le message porté par les représentants africains est sans ambiguïté : l’Afrique ne veut plus être distancée.


Face aux investissements considérables que nécessite le secteur spatial, la question de la mutualisation apparaît centrale. C’est précisément l’un des messages portés par le président congolais Denis Sassou N’Guesso. Pour le chef de l’État congolais, l’Afrique ne peut pas se permettre de multiplier des politiques spatiales isolées. Il défend au contraire une approche continentale fondée sur la coopération et l’intégration.


« C'est pourquoi nous misons sur la coopération et l'intégration africaine en matière de politique spatiale, car nous devons, dans ce secteur compétitif, éviter de construire 54 politiques spatiales isolées, lorsque nous pouvons mutualiser certaines infrastructures, données, compétences et investissements », a-t-il déclaré.


Une approche qui vise à faire du spatial un outil au service des priorités du continent. Sécurité alimentaire et protection de l’environnement figurent notamment parmi les domaines dans lesquels les technologies orbitales peuvent être mobilisées. Denis Sassou N’Guesso a également avancé une proposition concrète : l’installation à Brazzaville d’un observatoire spatial du Bassin du Congo à vocation régionale, en liaison étroite avec l’Agence spatiale africaine.


« La République du Congo, forte de sa légitimité, le Président de la Commission Bassin du Congo, organe de l’Union africaine, est prête à accueillir à Brazzaville un observatoire spatial du Bassin du Congo à vocation régionale et en liaison étroite avec l’Agence spatiale africaine », a-t-il affirmé.


Cette proposition inscrit la question environnementale au cœur de l’ambition spatiale africaine. Les données satellitaires peuvent en effet contribuer à l’observation et au suivi des territoires, alors que la préservation du Bassin du Congo constitue un enjeu majeur.


Le troisième panel du sommet, intitulé « Vision des leaders africains pour l’espace », a placé cette ambition continentale au centre des échanges. Animé autour des interventions des présidents Paul Kagame du Rwanda, de Denis Sassou N’Guesso du Congo et du représentant du président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, il a notamment mis en avant la souveraineté continentale, l’unité d’action à travers l’Agence spatiale africaine et l’utilisation des technologies orbitales au service de l’Agenda 2063.


La participation du président congolais à ce sommet s’inscrit dans cette volonté de faire entendre la position de l’Afrique dans un secteur devenu stratégique.


« L’Afrique ne demande pas seulement à recevoir. Elle veut aussi contribuer, produire, innover et partager », a résumé Denis Sassou N’Guesso.


À Paris, le continent a ainsi voulu faire passer un message : il ne souhaite plus être uniquement un marché pour les technologies développées ailleurs. L’ambition affichée est de participer à leur développement, de renforcer ses capacités et de prendre part aux décisions qui façonneront l’avenir de l’espace.

 
 
 

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