Odzala-Kokoua et Lossi : les enjeux de la protection de la biodiversité au Congo

Au nord-ouest de la République du Congo, le parc national d’Odzala-Kokoua et le sanctuaire de gorilles de Lossi occupent une place importante dans la préservation des écosystèmes forestiers du bassin du Congo. Leur richesse biologique et leur superficie en font des espaces d’intérêt pour la conservation, mais aussi pour la recherche scientifique et la gestion durable des ressources naturelles.

Créé en 1935, le parc national d’Odzala-Kokoua s’étend sur plus de 13 500 km². Il se caractérise par la diversité de ses milieux naturels, où se côtoient forêts tropicales, forêts marécageuses, savanes et clairières. Cette diversité favorise la présence d’une faune variée, notamment des éléphants de forêt, des gorilles des plaines de l’Ouest et des chimpanzés. Le parc constitue également un territoire important pour l’étude des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale.
En 2023, le massif forestier d’Odzala-Kokoua a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette reconnaissance souligne sa valeur écologique, notamment la coexistence de différents types de forêts et de savanes, ainsi que les processus naturels qui caractérisent ce paysage. Cette inscription s’accompagne toutefois d’enjeux de gestion. L’UNESCO a notamment formulé des recommandations concernant les concessions forestières situées dans la zone tampon du site. La conservation suppose donc une attention constante aux activités exercées autour de l’espace protégé.
Lossi, un sanctuaire dédié aux gorilles
Situé au sud-ouest d’Odzala-Kokoua, le sanctuaire de gorilles de Lossi complète ce dispositif de protection. D’une superficie d’environ 350 km² selon la présentation d’African Parks, il contribue à la préservation des habitats de la faune et à la circulation des espèces dans la région.
En 2020, le gouvernement congolais a renforcé son partenariat de gestion avec African Parks en intégrant le sanctuaire de Lossi au mandat de la Fondation Odzala-Kokoua-Lossi. Cette organisation commune permet d’inscrire la gestion du sanctuaire dans une approche plus large de conservation. La protection des gorilles repose notamment sur la préservation de leur habitat, le suivi des populations et les actions de lutte contre les activités illégales qui menacent la faune.
Concilier protection de la nature et réalités locales
La conservation des espaces naturels ne peut être envisagée indépendamment des populations qui vivent à proximité. Les forêts fournissent des ressources essentielles et participent au fonctionnement des écosystèmes, tandis que les activités humaines peuvent exercer des pressions sur les milieux naturels. La gestion d’Odzala-Kokoua et de Lossi implique donc de prendre en compte les usages locaux, les droits des communautés et les possibilités de développement économique compatibles avec la protection de la biodiversité notamment l'écotourisme.
Un effort à inscrire dans la durée
Odzala-Kokoua et Lossi illustrent les enjeux de la conservation dans le bassin du Congo. La protection de ces territoires nécessite des moyens humains et financiers, un suivi scientifique régulier et une coopération entre les autorités publiques, les gestionnaires des espaces protégés et les communautés concernées. L’inscription du massif forestier d’Odzala-Kokoua au patrimoine mondial constitue une reconnaissance internationale importante. Elle ne se substitue toutefois pas au travail de gestion et de surveillance nécessaire sur le terrain. Pour la République du Congo, l’enjeu consiste à poursuivre la protection de ce patrimoine naturel tout en tenant compte des réalités sociales et économiques des territoires concernés. C’est dans la durée et à travers des actions mesurables que les objectifs de conservation pourront être appréciés.



Commentaires